[Goscinny-R-Uderzo] Î Astérix La Grande Collection -La grand fossé - n°25 [les femmes PDF] Read Online Ë beety.pro

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Cette édition de luxe, appelée « la grande collection » doit à mon sens être préférée à l'édition d'origine, quoiqu'en disent les inconditionnels de l'original.
Par son format d'abord : c'est un vrai plaisir de voir en grande taille, le travail de dessin : le trait y est beaucoup plus net que dans la première édition qui ressemble, si on la compare case par case, à une vulgaire photocopie plus ou moins floue ! De plus, si le dessin n'est absolument pas modifié (sauf la couverture), les couleurs sont quant à elles totalement retravaillées (ainsi que le lettrage) ce qui donne à mon avis toute sa valeur à cette collection.
L'éditeur a eu la bonne idée d'insérer la planche originale de la première page en « bonus » (avec des « premières esquisses » et un « coin du collectionneur ») et la différence saute aux yeux : des àplats sommaires et souvent arbitraires très années 60/70 sans aucune nuance, on se trouve face à de très belles couleurs très proches de la réalité, dont le sommet est sans doute dans les planches représentant des scènes de nuit, avec l'aura lunaire, les dégradés d'ombre sur les objets, ce qui créé une véritable atmosphère nocturne.
La finesse en dégradés des couleurs donne beaucoup plus de volume et de présence, de réalité en somme, et l'on ne devrait pas s'en plaindre.


Ce 25è album est le premier à paraître après la disparition de Goscinny : bien que son nom figure toujours en entête de couverture, Uderzo scénarise maintenant seul tous les albums à venir.
Seul ? Peutêtre pas entièrement pour ce Grand Fossé à l'histoire très originaleun village coupé en deux à cause de l'intolérance de leur chef respectif voulant être le seul du villagetraitant de façon comique une situation contemporaine de l'époquele mur de Berlin.
La versatilité au service de la trahison la plus éhontée liée à l'impossibilité de l'accomplissement d'un amour impossible forme la trame de cette histoire.
Il y a peu de jeux de mot (exit Goscinny) et les anachronismes sont minimaux, mais on retrouve le gag filé avec bonheur (la chute du chef, l'odeur de hareng, la hutte coupée en deux, le gardien du camp).
Une allusion littéraire (Roméo et Juliette et la scène du balcon), une allusion historique (Louis XIV et son « l'Etat c'est moi »), quelques références au monde contemporain (les revendications syndicales romaines, le Smig, le sens interdit, la boxe), c'est bien peu, on a connu plus « chargé ».
Remarquons que le fils et la fille respectifs des chefs ne sont pas caricaturés comme les autres personnages et que cela détonne un peu dans l'harmonie de l'ensemble.
Enfin, je trouve l'effet secondaire de la potion magique un peu trop surréaliste à mon goût et finalement assez facile pour accélérer la venue de la fin.
Par contre, un petit détail génial arrive à la conclusion : afin de symboliser la réconciliation des deux clans, Uderzo trouve une synthèse graphique épatante : auparavant, ceux « de gauche » avaient des braies rayées à l'horizontale, rouges sur fond blanc, ceux « de droite » à la verticale ; après la réconciliation, ils portent des braies de la même couleur mais en carreaux rouges alternant avec carreaux blancs ! pour collectionneurs et amateurs de beau livre qui seront ravis des intérieurs de couvertures pour chaque volume un personnage différent.